Passerelle ESC Dispositif handicap

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Emilie est étudiante en 2ème année à l’ESC Chambéry. Son projet professionnel est de travailler dans le secteur bancaire, notre partenaire, la BPCE ayant été intéressée par cette candidature, une de ses filiales, la BRED a proposé une bourse d’études à Emilie afin de financer sa scolarité et lui permettre de réaliser ses différentes expériences professionnelles (stage et apprentissage) dans une de ses équipes.

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Emilie écrit : Je souhaite vous faire part de ma gratitude envers votre investissement et engagement dans ce projet de « parrainage handicap ».
Il y a cinq ans, quand j’ai obtenu mon baccalauréat et choisi le chemin de mes études, je n’aurais jamais pensé que les choses évolueraient aussi favorablement envers l’insertion professionnelle des personnes handicapées.

J’avais déjà cerné le problème d’accès à l’emploi. Cela allait devenir de plus en plus difficile, et ce, même pour les personnes bien portantes. Alors compte tenu de mon état de santé et de ses restrictions, j'appréhendais les directives de mon avenir professionnel. Comment imposer mes conditions lorsque le marché de l’emploi est en crise ? Un employeur est-il prêt à engager une personne qu’il sait malade ?

Rapidement, je compris qu’il était indispensable de poursuivre des études malgré l’investissement énergétique que cela réclamait. De toute évidence, ces cinq années post-bac incarnaient ma seule chance d’approche vers une belle carrière et une situation stable.

Alors que j’ai toujours été convaincue de ma capacité à intégrer un cursus « grandes écoles » malgré ma maladie, mes médecins tentaient de m’orienter vers des solutions plus simplistes, afin de privilégier repos et soins quotidiens. A force d’acharnement et de persuasions, ils ont fini par me faire confiance et me féliciter du parcours que j’entreprenais.

Bien sûr, je ne vais pas vous mentir et affirmer que mes deux années de DUT ont été faciles. Mes journées étaient bien remplies. Les perfusions commençaient avant le premier cours de la matinée et les heures de pauses étaient consacrées à des séances de kinésithérapie. Il fallait pourtant trouver des créneaux de libres pour finaliser les oraux avec mes camarades et rédiger les dossiers à rendre. Les séjours à l’hôpital étaient animés par les e-mails que les professeurs m’envoyaient, afin de ne pas accumuler un trop gros retard.

Mais cette action quotidienne était un moteur. Je sais qu’elle a contribué à développer mes qualités de rigueur et d’organisation. Et je pense pouvoir affirmer que la mucoviscidose est finalement la meilleure des écoles.

Après mon DUT, j’ai pu intégrer une ESC. Malheureusement, le rythme effréné de ce cycle supérieur m’a conduite vers une solution de dernier recours : l’attente d’une transplantation bi-pulmonaire. Les soins lourds sont venus envahir mes journées, n’accordant plus beaucoup de place à ma présence en cours. L’oxygène en permanence et les hospitalisations prolongées ne me laissaient plus le choix. Il fallait suspendre mes études. En larme, j’annonçais ma décision au personnel de l’ESC Chambéry.

Deux femmes formidables se sont alors mobilisées, et un élan de solidarité exceptionnel s’est mis en place. Nous avons trouvé des solutions ensemble, pour que ma scolarité atypique perdure. J’ai donc commencé un parcours ESC par correspondance. Je recevais les cours par e-mails, les professeurs me téléphonaient pour approfondir les écrits et je me filmais pour passer les oraux. J’ai ainsi validé trois semestres, et je suis persuadée d’avoir disposé d’un enseignement aussi performant que les autres étudiants. Cette belle preuve de tolérance n’enlevait pas mes doutes sur ma future carrière. Acceptera-t-on ma différence au sein d’une équipe professionnelle ? Ma santé me permettra-t-elle de signer un contrat à temps plein ? Pourrais-je organiser mes soins en parallèle d’un emploi à responsabilité ? Mes revenus seront-ils suffisants si je ne bénéficie pas d’ascension interne pour « arrêts maladie » fréquents ?

C’est pourquoi, vous le comprenez bien, je vous remercie très sincèrement de votre soutien.
Ce contrat est pour moi une belle preuve d’engagement, de solidarité et surtout d’évolution. Bien évidemment, je sais bien que cela ne répond pas à toutes mes interrogations, car actuellement ma vie dépend de mes chères blouses blanches. Mais vous avez fait le maximum, et aujourd’hui vous me faites un immense cadeau. J’envisage l’avenir beaucoup plus sereinement et espère intégrer vos équipes très prochainement. Encore un immense merci.

Emilie

Arnold Etudiant déficient auditif dans le Bachelor du Groupe Sup de Co Amiens, vient d’obtenir son diplôme grâce à un parcours aménagé pour l’apprentissage de l’anglais et à un financement de la Caisse d’Epargne de Picardie durant deux ans.

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«  L’accompagnement pédagogique que j’ai reçu pour compenser mon handicap, a été pris en charge en milieu de 1re année de Bachelor. En effet, c’est à ce moment précis que la responsable du programme Handicap m’a proposé de mettre en place un suivi pédagogique pour l’apprentissage de l’anglais, matière qui me posait beaucoup de problèmes à la fois à l’oral et à
l’écrit. Nous nous sommes donc tournés vers plusieurs organismes d’anglais afin de choisir la formule qui me conviendrait le mieux. L’organisme retenu m’a proposé un cours de soutien, un accès à une salle de laboratoire afin de travailler sur des logiciels audio me permettant de renforcer ma compréhension orale, et la possibilité d’améliorer ma prononciation grâce à un travail avec un logiciel. Ce projet a été financé par la Caisse d’Epargne de Picardie pendant ma 2e et 3e année de formation. Ce suivi pédagogique, en plus de ma formation initiale en Bachelor, a porté ses fruits dans la mesure où mes résultats ont été en nette progression. D’ailleurs, en dernière année, avec un emploi du temps moins chargé, j’ai pu bénéficier de cours particuliers plus poussés, me permettant de revoir les bases en grammaire, de m’entraîner à l’épreuve écrite du TOEIC et de travailler sur l’oral.
Je suis content du travail que j’ai fourni. Aujourd’hui, je pense pouvoir me débrouiller seul dans un pays anglophone même si la conversation orale me pose encore des problèmes ! 
Ma réussite en Bachelor est également due à l’aide apportée par mes camarades de promotion. En effet, j’ai eu beaucoup de chance d’avoir des amis compréhensifs de mon handicap, qui ont su m’accompagner, notamment en me donnant leurs cours dans des matières qui nécessitaient de prendre des notes. Il était difficile pour moi d’écouter et de prendre des notes en même temps.
Aujourd’hui, avec mon diplôme Bachelor de Sup de Co Amiens, je souhaite poursuivre mes études en gemmologie (étude des pierres précieuses) à l’Institut National de Gemmologie à Paris. En juillet 2011, je devrais donc avoir le titre de gemmologue certifié niveau 3 par l’Etat et gemmologue européen. Je compte ensuite ouvrir ma propre bijouterie joaillerie. »